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COMPTES RENDUS ~
Réunion
(informelle) du 17.01.2004
Rapporteur
: Thierry Bersauter.
2
parties :
- Le restaurant : La Tables Kobus
- Visite Champagne Geaorges LAVAL
PREMIÈRE PARTIE
:
Première
réunion de reconnaissance , où six membres se retrouvent
autour de ....6 bouteilles. Voici un compte rendu liquide, succint,
partial, incomplet, mais spontané !
Une
fois n'étant pas coutume, c'est au restaurant que nous nous rencontrons.
La table Kobus, située derriere l'eglise
notre dame à Epernay. Elle a la particularité de ne pas
demander de droit de bouchon et d'avoir des toilettes spacieuses et
propres, donc de réunir les qualités nécessaires
pour accueillir des lents mangeurs qui apportent chacun un flacon.
Autour
du menu du marché à 24€, voici les vins dégustés
:
- un vin bullant
très élégant mais gouteux, très fin
mais avec une vraie complexité, à la fois atypique...
Mais très "champagne", bref on est tous les six
admiratifs et je suis un peu deboussolé devant un premier
nez très chardonnay... Puis une bouche encore une fois complexe,
car c'est vraiment le mot pour ce Champagne Moutard
Millésime 2000, cuvée "Nominée"
avec six épages (pinot noir, meunier, chardonnay, pinot blanc,
arbanne et meslier), très peu dosée (2 gr), un vrai
grand vin plein et sans austérité. Chapeau ! Disponible
en juin 2004, 28€ environ.
- Ouille, passer
après un monument pareil... Ce vin au nez évolué
mais encore très droit en bouche trahit le millésime
96 en champagne, avec ici une origine "simple" sans notation
péjorative. Note personnelle : attention aux 96 de qualité
moyenne : le nez est pret à boire avec une bouche encore
très jeunette....comme certains bourgognes 96 ? Cela reste
dans l'absolu un vin appréciable malgré ce déséquilibre.
C'est un Champagne Baron Fuenté "grand millésime"
96. Pô cher : 14€.
- Puissant,
un peu austère, encore fermé avant forte aération...Francis
dit chardonnay, mais on doute vu la force du bestiau... C'est un
Champagne Jacques Picard 1997, en totale
opposition avec le fin Moutard, mais d'un excellent niveau. Pas
d'autres infos.
- nez vieil
or...rosé, ce pur pinot noir de Vertus, avec un peu de macération
(saignée) est un vin de repas avant tout. C'est "oeil
de perdrix" de Robert Doyard, 1996, collection de l'an I .
25€ pour une rareté très équilibrée.
Un millésime 96 très digéré au niveau
acide, ce n'est pas si fréquent. Un peu dérangé
par un coté "colle blanche", mais vu les regards
surpris, je mets ça en tout petit...
- Aah...enfin
du vrai,du rouge ;-) un nez fumé, une bouche peu boisé
(il y a débat : y'en a ou pas ?), seul Julien trouve un peu
d'acidité, mais c'est plutôt le coté très
bien à boire maintenant qui nous surprend. C'est presque
parfait dans un registre de languedoc dense et rond. c'est une
Copa Santa 2000 de Pierre Clavel, un sudiste
dont j'ignore l'encépagement et l'élevage, mais qui
fait l'unanimité. Me fait un peu penser à un jadis
de Barral, en moins "racoleur" (rond, sucrosité)
mais les accords doivent pouvoir être similaires.
- Mince, c'est
encore mieux !... Racé, un nez envoutant de rose fané
(cela n'engage que moi). Mon faible vocabulaire prend tout son sens
: c'est long, puissant mais abordable, épicé. Puisqu'il
faut trouver un défaut, le coté asséchant en
fin de bouche empêche ce Clos Syrah Léone
de Marlène Soria, 1996 (Ch. Peyre-Rose), d'être
un très très grand vin. Simplement très très
bon.
- Italien et
raffraichissant, bulle fine mais fuyante, salinité importante
et dosage assez marqué en gaz carbonique. San Pellegrino
1899. C'est la seule bouteille qu'on finit difficilement, mais la
seule que l'on ne recrache pas !
Juste
un mot : je ne suis pas gentil avec tous les vins pour que cela fasse
bien : le niveau d'ensemble était vraiment élevé
!
Merci
à ce type de restaurant d'exister, même si cela n'est pas
avec nous qu'ils ont fait fortune ce samedi midi... Et pardon de ne
pas parler des plats, je n'ai pas pris de notes, mais à priori
bon rapport qualité/service/prix.
LA
TABKE KOBUS
rue docteur Rousseau
51200 Epernay
Tel : 03 26 51 53 53
derrière l'église Notre dame et face à
la gare
DEUXIÈME PARTIE
:
En quittant du restaurant
, nous avions besoin de nous désaltérer...Lentement, proprement,
et surtout pas loin d'Epernay. Notre président fondateur nous
proposa un petit gars de 35 ans qui n'en veut, qui certes n'a pas des
vignes très bien tenues au sens commun du terme, car voyez vous,
y'a de l'herbe dedans ;-) mais sinon, excellent accueil emprunt d' implicité
et de spontanéité, mais on en reparlera.
C'est au coeur de Cumières que Vincent
Laval exploite 2 hectares-et-demi de vignes, regroupées
en belles parcelles (une de près de 70 ares, une rareté
dans le secteur) orientées plein sud.
Les vins :
après une belle discussion sur les méthodes sans chi-chi
de vincent (champagne Georges Laval), il nous sort l'imparable :
- un
quasi 2001 (95% 2001, 5% vin de réserve
de 2000). Je m'attends donc à de la dilution, du bois masquant
le reste, etc, vu la médiocrité relative du millésime
en champagne. Ben non, vous vous en doutez....je le trouve encore
un peu fermentaire, ce jeunot d'à peine plus d'un an de bouteille,
très aromatique et d'un fruit marqué.
-
Vient ensuite la cuvée "les chênes"
(30 euros), récoltée uniquement les années
où le degré moyen dépasse les 10.8°, ce
qui fait rire nos amis languedociens, mais qui ici, est une vrai
gageure 2 ans sur 3. L'élevage est comme pratiquement tous
les vins de Vincent Laval : fait majoritairement en fut ( la vinif
aussi ), mais est remarquablement fondu dans ce 98. C'est un beau
vin de repas, long et vineux. Pour trouver la parcelle "les
chênes", c'est facile : en venant d'Epernay et face à
cumières, c'est la tache verte sur la droite en bas du coteau
pentu, le long de la commune :-).
- Bien
que sur le départ, Mr Laval tient à nous ouvrir un
rosé . Une belle surprise... Car très vineux, pas
une bombe de fruits rouges, mais une finesse et encore une fois,
un vin destiné AMHA (A Mon Humble Avis !) à la gastronomie,
et qui peut se garder sans souci. Une petit cuve sur le côté
nous intrigue : il y conserve du rosé de saignée ET
du rosé d'assemblage (fait au rouge foulé au pieds)
de vendanges précedentes en attendant un peu de rosé
neuf pour que la quantité soit "tirable" . Je viens
d'apprendre pour la deuxième fois en 5 minutes que le rosé
se conservait bien !
Il est vraiement atypique ce Monsieur, il ne chaptalise pas (sauf en
2001, tout en réalisant cette année difficile un beau
degré moyen), dose moins en sucre au tirage pour ne pas dépasser
13° d'alcool dans le vin terminé ( c'est dire s'il récolte
mûr ), est bio depuis 30 ans ( papa fut un précurseur )
-certifié - et ne lit pas la revue du vin de france. Quel sympathique
décalage avec ces milliers d'amateurs -dont je fais partie -
qui ne jurent que par les vins décrits dans cette revue !
En tout cas une belle leçon de chose : dans un vignoble septentrionnal
, on peut donc ne pas désherber, ne pas anti pourrituriser, ne
pas hélicoptériser et faire un rendement digne (près
de l'aoc, 10 à 12 000 kgs/ha soit max 75 hls/ha pour 9000 pieds/ha)
qui permet d'assumer ses choix....
Où
trouver ces produits :
Champagne Georges LAVAL
Vincent Laval
16 rue du carrefour
51480 Cumières
Tel 03 26 51 73 66
Fax 03 26 57 80 87
http://perso.wanadoo.fr/jean-michel.parault/champ1.html
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